Karine Giboulo

Né à Ste-Émélie-de-l'Énergie en 1980, Karine Giboulo vit et travaille à Montréal.
Parallèlement à des études en histoire de l'art entreprises à l'Université de Montréal, elle commence à exposer en 2003.


Village Démocratie sera présenté à Plein sud du 20 septembre au 29 octobre 2011, au cours de la même pèriode que l'encan. Le travail de Karine Giboulo sera également visible dans des expositions individuelles à la Maison de la culture Rivière-des-Prairies à Montréal en 2011, ainsi que à Buffalo (États-Unis), Circa (Montréal) et Maison de la culture Mercier (Montréal) en 2012. Elle participera à des expositions collectives à Saskatoon, Montréal et London (Ontario) en 2012.

Site Internet de l'artiste / www.karinegiboulo.com


2011

oeuvre à l'encan

Night shift, 2009
Impression laser sur papier archive, édition de 5
62 x 92 cm
Photo : Karine Giboulo

Prix de départ : 1 000 $

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Night shift est une mise en scène réalisée à partir de l'installation Village électronique dans lequel Karine Giboulo dépeint la cuisante ironie du cycle de vie des produits électroniques : fabriqués en Chine, ils sont consommés par la population occidentale puis retournés en Chine sous forme de déchets toxiques.

Chaque année, les États-Unis à eux seuls évacuent plus de 30 millions d'ordinateurs et 100 millions de téléphones cellulaires. Entre tous, les déchets électroniques sont ceux qui affichent la plus grande croissance en Amérique du Nord. Ils contiennent des éléments recyclables tels l'aluminium et le cuivre, mais aussi des substances toxiques comme le cadmium, le plomb, le mercure, etc. Si une partie de nos déchets électroniques finissent dans nos dépotoirs et centres de tri, il existe néanmoins des coins de planète où les gens recyclent les débris nocifs des pays riches dans des conditions moyenâgeuses. La ville de Guiyu, en Chine, est parmi les plus polluées au monde. On y brûle le plastique des circuits imprimés pour en extraire le métal qu'ils contiennent — avec des conséquences désastreuses pour la santé. Les habitants s'empoisonnent, tout cela pour terminer leur journée de travail avec plus ou moins 8$ en poche.

Karine Giboulo a visité la ville industrielle de Shenzhen dans le sud de la Chine en décembre 2007. S'improvisant femme d'affaires, elle a pu visiter une manufacture de téléphones cellulaires, salles de travail, cafétéria et dortoirs inclus. « Dans la voiture, avant d'arriver à l'usine, j'étais bouche bée devant le nombre de ces complexes manufacturiers qui défilaient, kilomètre après kilomètre. Dans certains cas, les bâtiments affichaient chacun leur couleur : vert, jaune, rose, etc.; je les imaginais peuplés de travailleurs vêtus de cette couleur, tels les membres d'une même équipe sportive. À mes yeux, les complexes avaient quelque chose du camp de concentration et, bien que les employés n'y soient pas prisonniers, leurs conditions de travail sont plus souvent qu'autrement difficiles, parfois même dangereuses, sans parler de leur infime salaire et leurs conditions de vie "de base". Les manufactures ne sont pas uniquement leur lieu de travail; elles sont le lieu de toutes les facettes de leur vie et malgré tout, je les ai vus rire, jouer au soccer et faire du vélo. J'ai vu de jeunes couples d'amoureux marchant main dans la main. »

L'installation Village électronique ainsi que le tirage #1 de Night shift font partie de la collection du 21c Museum, Louisville, États-Unis.

Texte gracieusement fourni par Karine Giboulo