Simon Bilodeau

Ce qu’il reste du monde

25 mai au 6 juillet 2013
Installation
Lauréat de la Bourse Plein sud 2012

Vernissage le jeudi 13 juin, à 19h
Un opuscule d’exposition de 16 pages, bilingue, avec un texte signé de Thomas Corriveau, a été lancé le soir du vernissage.

Simon Bilodeau a reçu la Bourse Plein sud 2012
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Dès notre entrée dans la salle d’exposition, le jeune peintre Simon Bilodeau, qui est récipiendaire de la Bourse Plein sud 2012, nous livre un crayonné représentant les débris de la centrale nucléaire de Fukushima après l’accident survenu au Japon en 2011. Nous découvrons ensuite un vaste bassin rempli d’eau qui occupe une grande partie de la galerie. Avec un sol peint en carrés concentriques allant du blanc au noir et un monticule de cendres disposé en son centre, le bassin nous tient à distance des plus petites œuvres de l’exposition qui se trouvent accrochées derrière.

D’entrée de jeu, l’artiste nous a dévoilé la clé d’une partie de l’exposition. Le bassin d’eau évoque le bassin de refroidissement de la centrale nucléaire, et les petits tableaux suspendus derrière, par leur nombre et leur disposition, rappellent les réacteurs abandonnés de la centrale, inaccessibles. Les cendres sont les résidus d’une œuvre antérieure de l’artiste, brûlée par lui. Un geste par lequel l’artiste s’est réapproprié sa propre matière, l’utilisant comme combustible et en tant que métaphore de la catastrophe de Fukushima, catastrophe qui — le sait-on ? — a entraîné la production de rejets aussi importants que ceux de Tchernobyl en 1986.

Mais là ne s’arrête pas la puissance évocatrice de l’installation. Peintre de talent, Bilodeau nous présente des œuvres denses, constituées de surfaces obtenues par couches et accumulations, couvertes de lignes et de marques de grattage. La forme des tableaux et leurs emprunts géométriques, leur traitement par aplats et par matières, la palette de couleurs limitée aux noirs et blancs, en font des objets quasi impénétrables et qui participent délibérément à la mise en scène de l’exposition.

Plus loin, à travers une fenêtre protectrice taillée dans le mur, nous pouvons observer la centrale nucléaire condamnée. Des images qui, à la fois retransmises par les drones qui survolent le périmètre ou captées par les robots qui ont pénétré à l’intérieur des zones verrouillées, témoignent du drame invisible et silencieux qui s’y déroule.

Les choix de l’artiste tracent un ensemble cohérent, empreint de mélancolie, mais qui provoquent des réflexions et des émotions parfaitement synchrones avec notre époque. Ici s’exerce le miroir artistique sensible de notre société alors que politiques publiques, environnement, économie, espoirs et populations tournent à vide dans un monde de renoncement, morose et sacrifié. Définitivement peintre contemporain et engagé, au sens où l’entendait Daniel Buren, Bilodeau témoigne que la modernité du monde actuel n’est pas ce qu’elle nous annonçait devoir être.

— Communications : Plein sud — (450) 679-2966


Depuis quelques années, Simon Bilodeau développe un langage formel dans lequel les fondements mêmes de la peinture sont remis en question. D’abord, l’artiste n’emploie que le blanc et le noir, ainsi que toute la gamme des gris qui découlent de leur croisement, et ce pour ne pas tomber dans ce qu’il appelle lui-même le « piège de la couleur ».

En effet, selon lui, la couleur est utilisée de manière exagérée à cause de son pouvoir d’attraction, que ce soit dans le monde de l’art ou dans celui du commerce. D’autre part, Bilodeau refuse d’enfermer la peinture dans son cadre habituel, qui est celui du canevas. Au contraire, ses œuvres envahissent l’espace par des éléments sculpturaux qui s’additionnent aux composantes picturales, de manière à former une installation à l’intérieur de laquelle on peut circuler. L’exposition que Simon Bilodeau présente à Plein sud s’inscrit dans la droite ligne de cette démarche puisqu’elle est constituée d’une installation qui présente la même esthétique épurée, tout en questionnant l’héritage de la modernité. Ainsi, on pourra voir au centre de la galerie un large cube qui semblera léviter dans l’espace. Ce cube apparaît comme une métaphore de l’espace d’exposition parfait dont rêvaient les peintres modernes, soit un simple récipient vide et pur pour recevoir les œuvres. Le cube de Simon Bilodeau contiendra aussi des œuvres, mais cette fois l’artiste cherchera à nous faire voir simultanément la construction et la destruction de cet espace parfait. En nous montrant les ruines projetées du monde moderne, l’artiste nous convie en quelque sorte à contempler les futurs sites archéologiques d’une société qui aura couru à sa perte à trop exploiter les ressources naturelles, matérielles et humaines.

— Guillaume Sirois, été 2012


Biographie

Simon Bilodeau est né à Laval en 1981. Il vit et travaille à Montréal où il a obtenu un baccalauréat et une maîtrise en arts visuels et médiatiques à l’Université du Québec à Montréal. Il a présenté des expositions individuelles à la Galerie Verticale à Laval, à la Galerie Art Mûr à Montréal, à la Maison des arts de Laval, et à Expression, Centre d’exposition de Saint-Hyacinthe. Il a également participé à une vingtaine d’expositions collectives ainsi qu’à des événements tels qu’Art souterrain à Montréal en 2010 et la foire internationale d’art contemporain Scope à Miami en 2012 et à New York en 2012 et en 2013. L’artiste a notamment obtenu la Bourse Plein sud en 2012 et les 1ers prix de la Fondation de soutien aux arts de Laval en 2004 et 2006.

Remerciements

Marie Hélène Boileau, Alice Bilodeau et Émile Bilodeau, Thomas Corriveau, Katrie Chagnon, Lise Lamarche et Louise Robert. Ma mère : Micheline Allard, et mon père : Maurice Bilodeau. Olivier Rioux et tout ceux qui me poussent à continuer, ainsi que l’Atelier Clark.

Portfolio  


Samedis Arts-Jeux

Offerts en collaboration avec la Direction de la culture, du loisir et de la vie communautaire de l’arrondissement du Vieux-Longueuil, les Les Samedis Arts-Jeux permettent aux familles de découvrir l’exposition de l’artiste Simon Bilodeau grâce à un atelier d’arts plastiques. Cette activité est gratuite et se déroule en continu de 14 h à 16 h tous les samedis de l’exposition, soit le 25 mai 2012, les 1, 8, 15, 22 et 29 juin 2013. Veuillez noter qu’il n’y aura exceptionnellement pas de Arts-Jeux le 6 juillet.

Bienvenue à tous !